L'histoire de ce morceau est assez incroyable. Sorti pour la première fois en 1989, dans une version pop-ambient pour faire la promo d'une rave anglaise joliment baptisée 'Infinity', ce thème ultra-efficace s'apparente comme le tube de l'année 2008, 20 ans plus tard, après être sorti au moins une bonne dizaine de fois entre 1989 et 2003...
Et pourtant, Guru Josh, aka Paul Walden dans la vraie vie, n'a rien fait pour que le destin lui réserve un tel sort, préférant croquer la vie à pleine dent, pas forcément dans le milieu de la musique. Grâce au relifting de l'Allemand Klaas et la participation de Darren Bailey, aka Dazperkz, 'Infinity 2008' s'est hissé dans tous les charts, radios et ventes, en passant par les clubs. S'il nous fait lui-même l'aveu qu'il n'est finalement pas celui qui a vraiment permis au titre d'avoir une telle renaissance, Guru Josh nous fait le plaisir de répondre à nos questions, quelques jours avant sa première apparition live en France.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, 'Infinity' a été initialement conçu pour promouvoir une rave... Le disque a été alors seulement pressé à 1000 exemplaires promo et son auteur était alors loin de se douter que le public aurait écho de ce morceau. "Les DJ's pensaient que c'étaient de la merde" nous explique Guru Josh, "Jusqu'à ce que Mike Pickering, le DJ résident de l'Hacienda à Manchester, se mette à le jouer en boucle".
Suite à ça, beaucoup de maisons de disques se sont battues pour signer le titre et il est sorti sur BMG. "Cette signature m'a permis de sortir un album au début des années 90, puis je me suis tourné vers autre chose car j'étais un peu fâché avec l'industrie musicale." On peut alors se questionner sur les raisons de ce retrait, sorte de chemin de croix d'un épicurien, que l'on imagine aisément profiter de la vie, à travers de nombreux voyages. "[/infinity n'était pas un coup dans le vent. J'ai toujours fait plus ou moins de la musique " s'empresse-t-il alors de rétorquer. "J'ai juste arrêté d'être dans le système commercial de l'industrie musicale et j'ai préféré jouer dans les clubs. Je me suis longtemps contenté de ça. Je me suis marié, j'ai créé un studio pour travailler la vidéo... Puis j'ai pas mal vécu à Ibiza, où je n'ai jamais coupé les ponts avec la musique."
Il faut bien dire que l'Anglais n'avait aucune raison de se fâcher avec la musique.En effet, la première version d'Infinity s'est vendue à 3 millions d'exemplaires et ce fameux album, pourtant peu encensé par les critiques, a frôlé le million d'exemplaires vendus. 20 ans après, le succès est toujours au rendez-vous, mais cette fois, grâce aux DJ's, emballés par le relifting de DJ Klaas. "La musique est devenue à nouveau ma priorité grâce à des amis, qui m'ont dit que je devais me remettre au boulot. Du coup, en 2007, avec l'appui de Darren Bailey, on a créé une nouvelle version dancefloor de mon titre." Même si ce n'était pas prévu, c'est le jackpot. "Je suis heureux que ce titre plaise à autant de monde. Je crois que la mélodie est forte et universelle. C'est le point fort du morceau. Mais pour être honnête, je n'ai fait qu'écrire les mélodies originelle. Sans Darren et Klaas, on ne serait pas en train de faire cette interview et le morceau serait resté dans mes tiroirs."
Guru Josh a encore du mal à réaliser le succès de la version 2008 de son titre, n°1 en Europe, en forte rotation radios et clubs. "Devenir numéro 1 en France, c'est dingue ! Les nouveaux médias créent un buzz incroyable et permettent un succès beaucoup plus conséquent qu'à l'époque. Jamais je n'aurais pensé vivre un tel engouement." En tout cas, vu le succès de ce single, l'Anglais a maintenant bien envie de continuer sur cette dynamique, contrairement à ce qu'il a pu faire dans le passé. "Le nouveau single est déjà prêt et c'est aussi un remake d'un vieux titre à moi, 'Freaky Dreamer', avec cette fois un vocal féminin. C'est un bon follow-up et beaucoup de gens pensent que ça va marcher. On verra bien. " Avec son expérience, notre homme sait que ce sera dur d'enchaîner les succès populaires : "Infinity est vraiment fort, c'est difficile de refaire un morceau avec un tel potentiel. J'aimerais bien savoir d'ailleurs ce qui fait précisément la force de ce morceau et pouvoir en faire une recette. Mais bon, je ne vais pas remettre encore du saxophone, ça serait un peu barbant..." Ah le saxophone... Déjà à l'époque, Guru Josh s'en était pris plein la tête à cause de ces petites notes enchanteresses, à un temps où l'acid et la techno instrumentale pleine de boucles faisait fureur en Europe. "Pour l'anecdote d'ailleurs, certains avaient dit à l'époque que j'étais le premier mec à mettre du sax dans la Dance." s'amuse aujourd'hui ce bon vivant.
Sur scène, Guru Josh Project propose un show piano/sax qui a déjà convaincu de nombreux clubs à travers le monde et au contraire de la plupart des gens de son époque, Paul Walden apprécie l'évolution qu'a connu la scène clubs. "Je crois que la scène club a évolué dans le bon sens. Beaucoup de gens ont accès à la Dance aujourd'hui et ce n'était pas le cas de mon temps. Maintenant, la Dance est aussi populaire que le rock. En 1990, c'était nouveau et d'ailleurs je fais partie des premiers projets Dance à avoir connu le succès dans les charts." Guru Josh aurait-il oublié les rave-parties acides, les clubs sans interdits, la musique techno libre de toute influence médiatique ? "Bon, OK, je regrette juste la disparition des free-parties car c'était juste fantastique de jouer dans un champs devant 25000 personnes en trance. Mais ce qui n'a pas changé, c'est que les gens sortent toujours pour s'amuser, malgré tous ces changements."
A partir de là, Guru Josh Project est bien déterminé à faire le tour des clubs européens et compte bien donner du plaisir aux clubbers. C'est tout ce qu'on leur souhaite !